Les policiers municipaux n’auront donc pas de Tasers. Le Conseil d’Etat vient d’annuler le décret du 22 septembre du ministère de l’Intérieur autorisant les polices municipales à être dotées des pistolets à impulsions électriques dont sont déjà dotées la gendarmerie et la police. Il avait été saisi par une association de défense des droits de l’Homme, le Réseau d’alerte et d’intervention pour les droits de l’Homme (RAIDH).
"Cette arme, qui adresse une décharge de 50.000 volts, n’a fait l’objet d’aucune étude sanitaire indépendante en France et contrevient aux droits fondamentaux comme le respect de la dignité humaine ou l’interdiction de la torture", avait expliqué à la presse le président de RAIDH, Fabrice Ferrier, lors du dépôt de la requête. L’association avait en outre lancé un appel aux maires "afin qu’ils déclarent leur commune "zone sans Taser".
Franck Marlin, avait pour sa part sauté dans le train du tout-sécuritaire et avait annoncé que la police municipale d’Etampes serait équipée. (Un taser équipe la Police municipale - Source : Ministère de l’intérieur). Il doit donc remballer son armement.
Voici le communiqué du RAIDH :
Saisi par l’association RAIDH, le Conseil d’état annule le décret autorisant les policiers municipaux à être dotés de pistolets à impulsion électriques.
Le décret du 22 Septembre 2008 autorisant la dotation des policiers municipaux en pistolets à impulsion électrique de la marque Taser vient d’être annulé par le Conseil d’Etat le 2 septembre 2009. Les 11 villes qui avaient jusqu’à présent fait l’acquisition de pistolets à électrochocs vont devoir les remiser au placard.
Cette décision constitue une victoire sans précédent pour l’association RaidH qui n’a cesse alerter l’opinion et les élus sur les dangers du Taser avant même son implantation en France en 2006.
Qualifiée d’arme de torture par le Comité contre la Torture des Nations Unies, fortement remis en cause, notamment aux Etats Unis et au Canada suite à des cas d’usage disproportionnés et des suspicions de décès, le Taser avait fait l’objet de 18 questions écrites posées par des parlementaires de tout bord, sans aucune prise en compte de la part du gouvernement.
La campagne de l’association RAIDH lui a d’ailleurs valu un procès, toujours en cours, suite à l’appel du distributeur de Taser en France (SMP Technologies) auprès du TGI de Paris après avoir été débouté en première instance, de ses accusations de dénigrement de la marque et du nom commercial Taser.
« La décision rendue par le Conseil d’Etat constitue une victoire de la dernière chance. Ce « garde fou » juridique était notre dernier recours face à la fuite en avant vers le tout sécuritaire et la non prise en compte par le gouvernement des inquiétudes grandissantes des associations en matière de violence policières. »
RaidH regrette toutefois que le Conseil d’Etat n’ait pas, par la même occasion, annulé l’arrêté autorisant la police nationale à être équipée de Taser. L’association compte poursuivre le combat pour une régulation de l’usage et la dotation des pistolets à électrochocs en saisissant la Cour européenne des droits de l’Homme dans les plus brefs délais.
Dans le même temps, elle va entamer, aux côtés d’autres associations soumises au même traitement, une campagne contre les poursuites baillons (SLAPP), qui conduisent certaines entreprises à vouloir museler la société civile à coup de procès intimidants pour défendre leurs intérêts privés.
Liste des villes ayant fait une demande d’équipement pour un Taser X26 (source : ministère de l’intérieur) et nombre de policiers municipaux par commune (pas nécessairement formées à leur usage)
Nice (Alpes-Maritimes) : 20 tasers - 236 policiers municipaux
Mandelieu-la-Napoule (Alpes-Maritimes) : 3 Taser - 46 policiers municipaux
Romans-sur-Isère (Drôme) : 1 taser
Castelginest (Haute-Garonne) : 2 tasers - 2 policiers municipaux
Montrable (Haute-Garonne) : 2 tasers - 2 policiers municipaux
Woippy (Moselle) : Nombre de tasers inconnu par le préfet - 16 policiers municipaux
Calye-Souilly (Seine et Marne) : 1 taser - 5 policiers municipaux
Emerainville (Seine et Marne) : 1 taser - 2 policiers municipaux
Etampes (Essonne) : 1 taser - 9 policiers municipaux
Vigneux sur Seine (Essonne) : 6 Taser - 9 policiers municipaux
Rueil-Malmaison (Hauts de Seine) : 3 Taser - 12 policiers municipaux
Article publié dans:
/L’ACTU
/Etampes
le mercredi 2 septembre 2009 à 15:26
par
E-citoyen
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