« Servir et protéger » n’est pas « brimer et humilier »


L’arrestation puis la fouille à corps exercée sur une mère de famille Etampoise le 26 novembre dernier (selon les propos rapportés sur ce site) ont déjà donné lieu à de nombreuses réactions. La plupart exprimant une juste indignation. Sans avoir aucunement l’intention de condamner hâtivement la police qui selon nos principes républicains se doit d’être garante de la sécurité et de la protection des citoyens, encore faudrait-il que la direction départementale de la sécurité publique de l’Essonne s’explique, ce qui n’est pas le cas à l’heure où j’écris ces lignes.

En dehors de toute polémique sur ce cas précis (une plainte est déposée et nous attendons avec impatiente de voir les suites qui y seront données), c’est la question de la fouille au corps qui est posée. Elle constitue selon moi, une atteinte au respect, au droit à la dignité humaine et une violation de l’intégrité physique des citoyens.

Comme le rappellait la commission nationale de déontologie de la sécurité dans son rapport de 2006 : la fouille à corps est « une brimade inutile », « attentatoire à la dignité »… « Elle se doit de rester l’exception à la règle générale de la palpation de sécurité. Ce qui est encore loin d’être le cas, au vu du nombre de saisines où la fouille à corps est pratiquée de manière systématique, pour des motifs qui ne sont pas toujours valables ». Elle ajoute « qu’elle ne doit pas constituer une mesure vexatoire gratuite ou une sanction illégale ».

Il convient donc de mettre un terme à ces pratiques barbares qui relèvent plus de la torture que de la sécurité. Et je dis cela sans exagération aucune. Toutes les formes de tortures ne sont pas physiques, en revanche, elles utilisent toutes des techniques d’humiliation du "sujet" visant à exercer sur lui une domination et à le mettre en position de faiblesse et de soumission. En cela, elles sont contraires aux droits de l’homme et doivent être condamnée sans réserve par tout démocrate digne de ce nom, quelle que soit sa sensibilité politique.

Il y a tout juste un an, Nicolas Sarkozy « comprenait » l’émoi soulevé par l’arrestation de Vittorio de Filippis, journaliste économique et ancien directeur de la publication de "Libération", qui avait subit le même traitement. Alors pourquoi notre maire ne comprendrait-il pas aujourd’hui l’émoi des Etampois et ne déposerait-il pas en sa qualité de député, une proposition de loi visant à bannir ces méthodes d’un autre âge des pratiques de la police ?

François JOUSSET
Conseiller municipal PCF
Liste Etampes Solidaire

Article publié dans: /L’ACTU /Droits de l’homme le mercredi 2 décembre 2009 à 14:54 par François JOUSSET | Lu 217 fois
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